Etang d’En Beys – Lac De Naguille (2 jours)

Date : 1 & 2 Juillet 2016
Distance : 31.8 km
D+ : 800m + 600m
D- : 0m + 1400m
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Cette rando sur deux jours s’enfonce dans la réserve nationale de faune d’Orlu. On y voit nombre de chamois, et un programme de réintroduction du gypaète barbu permet aux plus chanceux d’apercevoir ce casseur d’os. Pour les autres, la flore n’est pas en reste et propose de magnifiques spécimens de grassette qui jalonnent la montée vers le refuge.

Jour 1

On commence au départ du parking au dessus des Forges d’Orlu. L’objectif est d’arriver dans deux jours aux Forges, quelques kilomètres plus bas. Une stratégie optimale et bien anticipée à base de deux voitures permettra de ne pas avoir à boucler jusqu’au parking. En effet, partir des Forges et boucler augmente le dénivelé de la première journée. Et boucler jusqu’au parking fait terminer cette seconde étape assez longue par une montée. Nous n’avons pas anticipé.

Quelques voitures sont déjà là. Des randonneurs se préparent à monter jusqu’au refuge accompagnée d’ânes. On démarre d’un bon pas sous les arbres une petite montée qui nous emmène rapidement dans une petite vallée très encaissée où coule l’Oriège. On longe la rivière au milieu des reliefs imposants et à forte déclivité. Sous un ciel menaçant et quelques coups de tonnerre dans la vallée d’à côté, l’ambiance est des plus intimidantes. On mange assez tôt, profitant d’une météo sans pluie, mais incertaine pour les heures à venir. Les appétits sont aiguisés par la matinée et tous voient l’avantage d’alléger les sacs. Jamais pique nique n’aura été aussi raffiné, et c’est donc la première fois que sera dégusté du saumon fumé et du fromage à tartiner en vallée d’Orlu.

L’après midi reprend, peu rassurante par le flots de randonneurs en poncho redescendant en toute hâte vers le parking. On continue, en espérant que l’orage s’éloignera de nous. C’est dans la montée après avoir traversé la rivière que l’on verra un grand nombre de grassettes en fleurs reconnaissables à leurs feuilles d’un vert éclatant. Un peu plus haut, quelques gouttes nous surprendront, mais qui seront arrêtées plus vite que le temps nécessaire à se couvrir.

On arrive rapidement au refuge ou un accueil chaleureux et une bière brassée maison nous fait nous arrêter quelques instants. L’arrivée des ânes nous chasse vers notre bivouac, au bout du lac d’En Beys. Après avoir fait fuir quelques izards, on y choisit un terrain un peu humide, mais plutôt plat. C’est maintenant le moment d’éprouver les bravades de la journée et de se plonger dans l’eau du lac, estimée entre 8 et 10°!

Jour 2

On se lève sous une brume qui est vite chassée par les premiers rayons de soleil. Pas de retour au refuge : on prend le petit déjeuner à côté des  tentes. Lyophilisés et café. Après avoir plié les affaires, on se met rapidement en route. La brume nous rattrape le long des derniers laquets qui jalonnent la vallée, puis on s’en extrait définitivement en montant vers la couillade d’En Beys. On serpente dans un chaos rocheux, suivant les cairns et le balisage de peinture. On profite de quelques gentianes tandis qu’une marmotte siffle notre passage. 400m plus haut, on débouche à la Couillade d’en Beys de laquelle on découvre les Etangs des Peyrisses, d’un bleu profond et entourés de plaques de neige. 

Cette dernière montée n’était pas le dernier effort de la journée. Nous attendent maintenant 1400m de dénivelé négatif sur 15km. Avant de s’enfoncer à nouveau dans le brouillard de la vallée, on fait la pause de midi au soleil sur de larges dalles de granit. Puis on redémarre dans un brouillard de plus en plus dense et une humidité qui nous glace les os. Le brouillard est tellement dense qu’on n’apercevra qu’à peine les eaux de l’Etang de Naguille qu’on longe pourtant sur plus d’1km. Au bout de l’étang, on trouve un barrage et un complexe réseau de mines qui s’enfonce sous pic de Cimet. On abandonne son exploration après la deuxième séparation de galerie à une centaine de mètres de l’entrée. Le premier tas d’ossements rencontrés, soigneusement nettoyés, aura eu un effet décisif sur cet abandon. Autant d’application dans le nettoyage d’un petit animal laisse présager du zèle qui saura être mis en oeuvre sur un randonneur dodu. 

La suite de la randonnée tiendra plus de la pénitence que de la balade du dimanche. On progresse, ralentit par un terrain boueux et glissant, où s’invite de temps en temps le ruisseau. On arrive au bout de longues heures au parking des Forges. Un dernier effort reste à accomplir pour rejoindre les voitures, quelques kilomètres de macadam plus loin. Sous une météo plus clémente, on préférera le petit chemin qui rejoint également le parking mais en empruntant l’autre rive de l’Oriège.

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