Tour des Monts du Lévezou

Quatre jours de randonnée : froid et nouvelles chaussures …

Date : 16-19 Mars 2011
Distance : 92.4 km
Dénivelé : 3204 m

Jour 1 : De Mauriac à la vallée du Lumensonesque

Distance : 25.5 km
Dénivelé : 805 m

C’est parti pour le tour des Monts du Lévezou. première étape avec Eric & Françoise. On laisse leur voiture à La Glène et on part 20 km plus loin à Mauriac. Après avoir enfilé nos chaussures neuves, on démarre sous la pluie. On commence par une côte où quelques perce-neiges poussent pour déboucher sur une crête de laquelle on aperçoit le viaduc de Millau. On continue jusqu’au pic de Mont Seigne, notre premier « Mont du Lévezou » ! Après avoir imaginé la position de l’enceinte proto historique et vu le Pic du Pal qui nous attend pour demain, nous continuons notre route en direction de St Laurent de Lévezou. A partir de là, un chien nous adopte. Après quelques hésitations pour retrouver le chemin à la sortie de St Laurent, on pousse de quelques kilomètres et on s’arrête pour manger.

On continue ensuite jusqu’à l’Hermet où un habitant tient absolument à nous indiquer le chemin. On fuit son insistance trop rapidement et on repasse 20 secondes plus tard sous ses yeux pour prendre le bon chemin. Viennent ensuite Frontin puis St Léons où un soleil masqué par quelques grosses averses nous fait décidément rigoler quand on pense à l’alerte orange qui était annoncée pour le département. On continue jusqu’à La Glène où on laisse nos compagnons : on va enfin pouvoir marcher plus lentement ! On descend donc dans la vallée du Lumensonesque pour trouver un coin où dormir. Tant bien que mal, on trouve un champ à l’abandon où l’on n’est pas dérangé si ce n’est par le bruit du ruisseau. On retrouve nos lyophilisés avec plaisir avant une bonne nuit dans les duvets jumelés.

Jour 2 : De la vallée du Lumensonesque à Altou

Distance : 26.5 km
Dénivelé : 1394m

On se lève ce matin sous le brouillard après avoir passé la nuit sous quelques averses. On quitte notre campement en espérant ne pas croiser de ‘méchants’ ! On commence rapidement à monter sur la route et on se découvre. On croise plusieurs hameaux et fermes et on arrive à une intersection qui mène à une église. On fait le détour pour aller voir ce beau monument de l’époque romane. En revenant, il commence à pleuvoir. On arrive au village de La Clau qui est un peu plus gros que les autres et on part en direction du Puech du Pal. Il pleut toujours quand on arrive presque à son sommet, mais nous ne trouvons pas le courage de parcourir les 200 mètres qui nous séparent du sommet. Il y a beaucoup de vent et on descend se réfugier dans la forêt pour manger. On continue à descendre jusqu’à Vezins où l’on se ravitaille en eau potable à la fontaine. Il continue toujours à pleuvoir et le moral est bas.

Dans le brouillard, on continue à suivre le cheminsans voir les paysages alentours. Fatigués par cette journée sous la pluie à briser nos chaussures, on pose la tente dans un champ à un jeté de pierre d’un hameau. On mange un riz au lait pour se réchauffer et on passe la soirée tranquillement autour d’un repas lyophilisé.

Jour 3 : De Altou à Les Plasses

Distance : 24.4 km
Dénivelé : 649 m

Ce matin, on se lève, le brouillard aussi. On est en vue d’une ferme que l’on dépasse après un petit déjeuner au chaud. Le temps est couvert et il fait très froid : on a du mal à se réchauffer. De plus, les pieds sont endoloris. Un petit peu abattus, les kilomètres défilent avec pour seul horizon le prochain puech que nous devons gravir. Nous avançons ainsi de puech en puech. A chacun de leurs sommets, le vent froid forçi et nous fait accélérer le pas. C’est ainsi que nous arrivons à une charmante petite église, accolée à un petit corps de ferme, nichée au creux du vent. Le chemin qui y mène est le cami ferrat (nom générique donné aux voies romaines aveyronnaises). On en profite pour manger un petit grany puis se remettre en route sous l’œil inquisiteur d’un énième curieux. Les villages défilent, jalousement gardés par des chiens de bergers et des monceaux de « trucs qui peuv’ servir ». Assez repoussants, on préfère s’enfuir vers la nature pour trouver un abri et y manger. Ce n’est qu’au 16ème kilomètre, après un charmant moulin adossé à une retenu d’eau que nous trouvons un trou pour nous abriter un peu du vent et casser la croûte.

Le redémarrage est encore plus difficile que ce matin, briser des chaussures et subir le mauvais temps à la fois est un peu dur. Mais on avance courageusement jusqu’à arriver en vue de Ségur. Sur la descente vers le village, on passe à côté des Cabanes, une immense demeure qui possède sa propre église surplombant la vallée. A Ségur, nous faisons le plein d’eau à la station service. Puis on se pose sérieusement des questions sur l’utilité de souffrir dans le froid, mais il en faudrait plus pour nous faire renoncer ! Cependant, nous optons pour le choix stratégique d’un sympathique petit raccourci qui a le bon goût de nous faire économiser au bas mot 5 bons kilomètres de puechs et de vallées.

Mais alors que chaque puech se fait sentir, le soleil nous chauffe le dos comme pour nous réconforter (mais pas trop quand même !) et faire verdoyer une charmante prairie dans laquelle nous montons notre campement. Il est 16h, mais 1 km de plus serait impossible à parcourir dans notre état. Nous montons la tente à l’abri du vent et préparons un petit stock de bois pour profiter des chamallows ! Une bonne soirée et une bonne nuit de repos nous attend sous l’œil bienveillant des éoliennes

Jour 4 : De Les Plasses à Mauriac

Distance : 16 km
Dénivelé : 356 m

Alors que nous avons pu passer une bonne nuit, ravigotés par un petit feu avant de nous endormir, il faut hélas rechausser les chaussures. Malgré notre raccourci de la veille, nous avions récupéré le tracé ‘officiel’ du TML. Cependant, eu égards à nos petits petons endoloris, nous avons étudié un tracé qui rejoint au plus court notre point d’arrivé. Beaucoup de route en perspective, mais 10 km de moins.

On se met donc en route au rythme des pales d’éoliennes jusqu’à Viarouge. Là de nombreux panneaux nous informent fermement de l’interdiction de ramasser des champignons. Au cas où nous ne l’aurions pas compris depuis ces quatre jours, ce Lévezou ne nous appartient pas. Touriste de passage et randonneurs aguerris ne sont qu’à peine tolérés entre ces villages. S’ils ne sont pas épiés ou suivis par quelques curieux, ils sont clairement avertis qu’ils ne sont pas les bienvenus. On en viendrait à regretter le voisin Causse Méjean, de nature plus hostile, mais où l’homme sait se faire oublier. Là bas, les champignons n’y poussent pas, certes, mais au moins il n’est pas interdit de les ramasser !

On s’enfonce dans une sympathique petite forêt qui doit abriter nombres de cèpes, et qui nous amènent au gré des ruisseaux vers Curan. Une petit pause près de l’église, écourtée par la pluie, nous donne la force d’attaquer la route qui nous mènera jusq’au Moulin de Faral.

Malgré que nous ne soyons pas sur le TML depuis Curan, nous découvrons une petite curiosité qui valait bien le détour. Un canal artificiel suit sagement la courbe de dénivelé sur plusieurs centaines de mètres afin de détourner une partie d’un cours d’eau et alimenter un moulin. Le tout est abîmé par le temps aujourd’hui, mais on distingue clairement l’ouvrage serpentant au milieu des sapins. On imagine le travail et la patience qu’il a fallu pour construire ce canal, dans le seul but de mouvoir l’aube d’un moulin.

Nous quittons le canal pour un chemin se transformant parfois en buissière au milieu des champs, dans laquelle un énorme lièvre détale à une allure folle sous nos pieds. Ragaillardi par cette nature vigoureuse, on fait l’effort des derniers kilomètres pour rejoindre enfin notre point d’arrivée, là d’où nous étions parti 4 jours plus tôt.Mission accomplie : les chaussures sont brisées !

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