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Vers le Petit Vignemale

De Gavarnie au refuge de Baysselance

En résumé :

Distance : 31.6 km
Dénivelé : 1419 m
Date : 13 & 14 Juin 2009

Organisation :


Carte du parcours :

Télécharger la trace : trace.gpx

Courbe de dénivelé :
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Pas à pas :

Jour 1 :

Levés à l'aurore, nous partons direction Gavarnie. La route est un peu longue (compter 2h45 pour rejoindre le village de Gavarnie), mais nous finissons par arriver au magasin La Cordée, au centre du village de Gavarnie. Nous avons en effet prévu d'y louer des crampons car nous prévoyons quelques plaques de neiges à traverser. Nous nous munissons donc chacun d'une chaussure pour le réglage des crampons et là ... surprise ! J'ai oublié mes chaussures ! Pour une randonnée, c'est plutôt gênant. Une fois la déception passée, je décide de louer une paire à ma pointure, ça fera un peu mal, mais c'est mieux qu'en sandale ! Enfin équipés, nous partons en direction de la station de ski et nous nous garons dans un grand virage, gagnant ainsi quelques centaines de mètres de dénivelé. On évitera au passage d'écraser les marmottes qui dandinent sans gêne au milieu de la chaussée !

La randonnée commence, direction le refuge de Baysselance. Nous comptons y passer la nuit et monter au petit Vignemale le lendemain au petit matin. On rejoint donc rapidement le GR10, dérangeant au passage les quelques marmottes qui dorent au soleil. Ce GR monte dès le départ et ce jusqu'à la cabane de Sausse-Dessus près de 7 km plus loin. On se rafraîchit au ruisseau et on fait une petite pause, profitant de la vue offerte sur le Gabiétous de Sausse dessus, magnifique cirque surplombé du pic de Gabiet. Et c'est au milieu des marmottes que nous repartons vers la cabane de Lourdes, une vallée plus loin, sur un itinéraire plutôt plat. A partir de cette deuxième cabane, nous redescendons vers le barrage d'Ossoue. Mais là, nous faisons face à un imprévu.

Alors que nous avons jusqu'à maintenant traversé les ruisseaux grâce à quelques pierres émergeant, cette fois-ci, les pierres n'émerge plus du tout et c'est un petit torrent dans lequel nous devons tremper les pieds. Passée l'hésitation et une fois vérifié qu'aucun pont n'existait en amont, nous nous déchaussons et entreprenons cette traversée dans une eau qui n'est à l'état liquide que depuis quelques centaines de mètres. Les 5° nous emprisonnent instantanément les mollets et c'est avec peine et douleur que nous traversons la rivière. Une fois passés, nous nous réchauffons au soleil, heureux d'avoir survécu et nous estimant près pour les gués Islandais. Nous repartons donc de bonne humeur pour nous apercevoir qu'un pont tout de métal enjambait ce torrent quelques dizaines de mètres en aval ! Nous nous promettons de l'emprunter au retour !

Nous atteignons pour le repas de midi la barrage d'Ossoue d'où de nombreux randonneurs commencent leurs balades. Après le casse-croûte, nous remontons le lac en direction du Pont de Neige. C'est une plaque de neige persistante qui recouvre des pierriers dans deux petits talweg et qui facilite donc le passage. Cependant, nous traversons de telles obstacles pour la première fois et nous partons donc plus rassurés les crampons aux pieds, là où la plupart le font simplement en chaussures. A partir de ce moment, les plaques de neiges se succèdent et la montée s'accentue. Nous veillons à ne pas emprunter les plaques au fond des vallées car elles cachent toujours un ruisseau de fonte et sont donc bien moins épaisses à ces endroits. Il suffit en fait de suivre la trace que de nombreux randonneurs empruntent.

La montée en pleine après-midi est assez fatigante, d'autant plus que je porte le matériel de bivouac, n'ayant pu trouver de couchage libre au refuge. C'est donc toute guillerette que Lise m'encourage devant, moi et mes 15 kilos de chargement. Quel entraînement ! La montée est rude, mais les paysages sont magnifiques. Nous nous situons sous le glacier d'Ossoue qui fond en de multiples cascades tout autour de nous.

Finalement, 3 heures après notre départ du barrage, nous arrivons au refuge de Bayssellance à 2651m d'altitude, au pied du petit Vignemale que nous évaluons pour le lendemain. Après un Coca acheté au refuge, nous installons la tente dans les zones de bivouac. Le sol bien dur nous oblige à accrocher la tente à de gros cailloux. Bien nous en a pris, car après un copieux repas partagé entre Espagnols de San Sebastian et Français de Toulouse, nous avons à peine le temps de rentrer sous la tente avant que n'éclate un violent orage. Peu habitués à ces orages d'altitude (les mêmes qu'en plaine en fait, sauf que là, on est dans le nuage !), nous ne fermons pas l'oeil de la nuit. Au contraire, inquiété par les rafales de vent, je sors vérifier les attaches de la tente qui n'ont pas bougées. A défaut de nous reposer, cette nuit aura au moins éprouvé la résistance de la tente au vent !

Jour 2 :

Levés un peu avant 6 heures, nous prenons le deuxième petit déjeuner servi au refuge. La nuit a été longue peu reposante et le mauvais temps semble s'être installé sur les hauteurs avec une journée d'avance... Le moral n'est pas bien haut et après réflexion, nous décidons d'abandonner la montée vers le petit Vignemale, afin d'éviter un effort dans la neige, sous la pluie et le vent, que ne nous permet pas notre petite nuit. Nous redescendons donc rapidement vers la vallée, empruntant le même chemin qu'à l'aller. C'est donc assez tôt le matin que nous observons à loisir tout un troupeaux d'isards sur le versant opposé. tandis que les petits jouent sur les plaques de neige, les adultes arpentent avec agilité les crêtes. 2h30 plus tard, nous dépassons le barrage d'Ossoue. La confiance acquise la veille dans les plaques de neige ne nous font chausser les crampons qu'aux passages pentus, les autres plaques offrant toute l'adhérence souhaitée car n'ayant pas gelées dans la nuit.

Finalement, le beau temps revient timidement et nous profitons de quelques rayons de soleil. Nous pouvons donc au retour admirer les gentianes bleues et printanières en fleurs. Les paysages offrent un nouveau visage à la lumière du matin et c'est vers midi que nous arrivons à notre point de départ de la veille. Nous rentrons à Gavarnie rendre les crampons et chaussures, nous restaurer avant de nous remettre en route vers Toulouse, nous promettant de revenir nous venger de ce petit Vignemale !