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Autour de Peyrepertuse

Sur la trace des Cathares dans les Corbières

En résumé :

Distance : 45.5 km (23.3 km & 21.7 km)
Dénivelé : 2360 m
Date : 28 & 29 mars 2010


Carte du parcours :

Télécharger la trace : trace.gpx

Courbe de dénivelé :

Pas à pas :

Pour cette fin de Mars, on décide de retourner dans les Corbières, comme il y a un peu moins d'un an. Une randonnée de deux jours s'organise autour du château cathare de Peyrepertuse, au départ de Duilhac-sous-Peyrepertuse. Après quelques fausses indications sur l'itinéraire, on trouve enfin notre point de départ et on se prépare sous un petit vent à notre première étape : de Duilhac à la Bastide, petit hameau au pied du Pech de Bugarach.

On commence par longer le pied d'une haute crête sur laquelle se dressent les ruines du château cathare, datant d'avant le XIème siècle. au fur et à mesure que nous progressons, nous gagnons en dénivelé et nous exposons au vent. Celui-ci suit les contours des vallées encaissées que nosu traversons et nous l'avons systématiquement de face !

Nous sommes dans une région aux vallées très parallèles, suite aux plissements lors de la formation des Pyrénées, orientant ainsi le vent aux gré des reliefs. Un peu retardé par le trajet en voiture, on se fait rattraper par la faim sur le Pla de Brézou, petit plateau où l'on se restaure avec le classique pain-pâté-saucisson-fromage-compote !

Un panneau nous indique que nous avançons vers l'aval des Gorges de Galamus. Nous redescendons de notre Pla pour découvrir la chaîne des Pyrénnées, et le Canigou tout enneigé. Arrivé dans la vallée, on longe une route sur un peu moins de 2 kilomètres : les parois de la vallée se resserrent jusqu'à l'entrée des Gorges de Galamus. On découvre alors un canyon impressionnant au fond duquel coule l'Algy, timide ruisseau. Près de 400m de dénivelé sur quelques centaines de mètres de larges. Le vent s'y engouffre violemment et nous nous appuyons sur nos bâtons par moments pour avancer. On hésite à s'aventurer au bord des corniches de peur de s'envoler, mais la vue imprenable nous y pousse. On zigzague au milieu des voitures, plus occupées à se croiser qu'à profiter du paysage.

Un petit ermitage est accroché à flanc de falaise (on peut d'ailleurs passer par l'ermitage plutôt que par la route, car le chemin qui descend à l'ermitage remonte ensuite par un petit tunnel vers la route). On remonte les Gorges, délimitant symboliquement le passage des Pyrénées-Orientales à l'Aude.

On continue sur la route jusqu'avant Cubières-sur-Cinoble. On traverse sur un petit pont pour reprendre un chemin sur la gauche et retrouver des bois qui nous mettent à l'abri du vent. On retrouve alors le charmes des chemins des Corbières : pas toujours entretenus, parfois disparus, on se fraie un chemin au milieu des ronces. On arrive en vue de Camps-sur-l'Agly. Nous sommes alors proches de la fin de cette première journée. Mais il faut encore lutter contre le vent à découvert avant de retomber dans des bois inextricables.

Non sans, mal on arrive enfin à la Bastide où l'on retrouve un gîte d'étape à l'accueil chaleureux. Après une douche revigorante, on partage une très bonne blanquette autour de quelques verres d'Ambré de Rivesaltes, tout en parlant d'élevage bio...

Le lendemain, on se remet en route en profitant que le vent soit tombé. On emprunte un chemin différent de la veille qui nous ramène à Camps-sur-l'Agly. Un petit peu de route nous fait traverser Cubières que l'on avait approché la veille. Puis on reprend les chemins, évoluant au milieu des genêts.

Mais un bruit nous intrigue. Une sorte de bruit de succion qui se rapproche et s'éloigne de nous, se faisant remarquer par intermittence. On prend peur, on s'interroge et on parcourt ainsi près de 2km avant de comprendre : la terre détrempée se dégorge et aspire de l'air par le biais de nombreuses galeries de vers de terre. Rassurés, on peut enfin marcher tranquilement sans avoir peur des terribles "Sangsues des Corbières", seconde explication que nous avions trouvée à ce bruit étrange...

En l'absence des sangues, ce sont bien les terribles chemins des Corbières qui nous en font voir de belles. Arrivés à une exploitation, on nous fait des difficultés pour passer, de peur qu'on ne leur vole leur troupeau de chèvres. Nous passerons finalement, et sans croiser une chèvre bien entendu ! Nous nous perdons ensuite, le chemin disparaissant au milieu des pins.

Après une petite pause repas bien méritée, on se remet en route pour en découdre avec ce château cathare qui nous nargue depuis deux jours. Au dessus de Rouffiac, nous empruntons un sacré raidillon, balisé comme GR pour la forme, et qui nous permet au bout de plus d'une demi heure d'efforts et 250m de dénivelé sans virage de nous situer sous les remparts de la forteresse. L'accès au château est laissé libre à ceux qui y entrent par le GR, mais on retrouve également beaucoup de monde venant du parking et passant par la billeterie. Le contraste est surprenant.

On visite les remparts et on profite d'une vue saisissante sur les alentours, comprenant alors l'intérêt stratégique de cette forteresse royale reconstruite à la fin du XIIIème siècle, et défendant la frontière Française avec le royaume d'Aragon.

Empreint d'histoire, on redescend sur une sente où les cailloux roulent sous nos pieds. On arrive ainsi rapidement à Duilhac où se termine notre petit weekend, assoiffés par l'absence de point d'eau au château et au village. On inaugure ainsi le printemps avec cette première randonnée sans raquettes, en redécouvrant près d'un an plus tard la beauté des Corbières, et ses chemins pleins de surprises !